vendredi 26 avril 2024

Il était une fois… La bascule publique de Clermont




Nous sommes en 1845. Au centre du village se trouve un lieu en forme de triangle occupé par l’école communale et par le presbytère et ses dépendances.



En 1849, la commune construit une maison communale qui sera attribuée en partie à l’école des garçons.

Après avoir édifié une nouvelle église sur l’emplacement de l’ancienne devenue vétuste, la commune achète en 1865 la demeure du docteur Hodru (actuellement rue de l’Église 16) et l’affecte en presbytère.


Le centre du village est libre de toute occupation, le moment est venu de l’assainir.

En 1875, le conseil communal décide de l’aménagement de la Place de Clermont : 

pose de colonnettes avec mains courantes et candélabres,

plantation de tilleuls, réalisation de rigoles.

A l’entame du XXe siècle, les chiffres officiels indiquent une population de l’ordre de 850 âmes à Clermont.

 L’agriculture et l’élevage y sont pratiqués avec intensité :

on recense environ 1.500 têtes de bétail pour 550 Ha de culture, auxquels s’ajoutent 75.000 plants de tabac.

En 1904, et sans doute forts de ces considérations, les édiles communaux décident d’acheter une bascule publique.

On peut penser qu’elle est installée sur la Place, dans une dépendance du presbytère ayant survécu à la démolition, ce qui expliquerait la présence d’une croix sur le toit du local.





La commune perçoit elle-même les droits de pesage. Les comptes communaux de 1905, notifient une recette de 600,79 francs en produit de la bascule.

En 1913, par contre, la recette n’est que de 125 francs pour une dépense de 27,35 francs en entretien du matériel.

Ces chiffres influencent-ils les édiles ?… Qu’advient-il de la bascule pendant la guerre 1914-1918 ?… Les archives sont muettes à ce sujet.

Dès 1919, le collège des bourgmestre et échevins procède à l’adjudication du droit de pesage et fixe les règles à respecter :

- L’entreprise de pesage se fera par adjudication publique au plus offrant

- L’entrepreneur versera le montant de son adjudication dans la caisse communale et les recettes qu’il effectuera seront pour son compte personnel

- Le peseur public tiendra un registre à souches

- La souche et le certificat porteront le même numéro, les nom et prénom de l’industriel, la nature, le poids brut, la tare et le poids net des objets pesés ainsi que le produit versé selon le tarif

- Les droits à percevoir sont fixés comme suit :

-par voiture à quatre roues : 0,50 francs

-par voiture à deux ou trois roues : 0,20 francs

-par tête de bétail : 0,30 francs

-par colis supérieur à 200 kg : 0,30 francs

-par colis jusqu’à 200 kg : 0,20 francs

- L’entreprise est adjugée à Jules Poiret de Clermont pour le prix de 167 francs chaque année.

Dès 1923 cependant, il s’avère que la bascule n’est plus conforme aux prescriptions de la commission des poids et mesure. Elle continue pourtant à fonctionner, sans doute faute de moyens financiers et, aussi, faute de contrôles récurrents.

C’est finalement en 1945 que la bascule est remplacée par un pont à peser fourni par la société Roisin à Châtelet.

Il s’agit d’un pont à peser de 20 tonnes de charge utile, avec tablier aux dimensions de 7,00 x 2,60 m établi sur cuve en maçonnerie.

Il est fourni avec encadrement supérieur de pourtour et dispositif d’impression en creux du poids et de la tare.

La facture datée du 8 décembre 1945 indique un montant à payer de 60.000 francs.




En 1955, on recense 1785 pesages pour l’année.

Pour la petite histoire, on note une délibération du conseil communal :

Le conseil décide à l’unanimité de placer un signal ’’Arrêt et stationnement interdits’’ aux abords de la bascule publique pour éviter l’encombrement dupont à peser lors des opérations de pesage.

Nous sommes en 1958, le 15 septembre !…

En 1970, l’ordre du jour d’un collège échevinal cite un point ’’bascule publique’’ sans autre précision.

Mais en 1972 les comptes communaux font état de droits constatés de l’ordrede 5973 francs et le budget de 1974 parle d’une recette de 8000 francs et d’une indemnité pour l’agent préposé à la bascule publique.

On peut raisonnablement penser que la commune perçoit à nouveau les droits de pesage contre rétribution du prestataire.




Par la suite, l’évolution économique et notamment la mécanisation de l’agriculture font que les prestations deviennent de moins en moins nombreuses et conduisent à l’arrêt du service.

Il survient en 1990.

Madame Renée Clocherieux-Lebrun sera la dernière prestataire.



La cuve est remblayée et seul le mécanisme de pesage reste.

Nous avons voulu le préserver en souvenir du passé.

Nous réitérons nos remerciements à

- la Ville de Walcourt et son personnel pour leur participation.

- toutes celles et ceux qui nous ont aidés dans nos recherches historiques,

la réalisation des aménagements et la diffusion de l’information


Avec l’aimable autorisation des familles respectives,

certaines notes figurant sur cette page sont tirées du livret

’’ Clermont, 150 ans d’histoire’’ publié en 1980

par MM Charles Clocherieux et Jean Léotard.

asbl Comune Libe dè Clérmont su l’Gau